L’intervenante est Madame GOUDE-CABON, psychologue de l’école des parents.
Cette Association a mis en place un accueil et une écoute téléphonique gratuits et anonymes, des jeunes de 12 à 25 ans et organise des rencontres entre parents sur différents thèmes, des formations pour les professionnels et des consultations pour les femmes.

La notion d’Autorité a évolué dans le temps et notamment au cours du 20ème siècle.
De l’Autorité exclusive du père, on est passé à l’Autorité parentale conjointe, parallèlement avec l’évolution du droit des femmes et des droits de l’enfant. L’Autorité parentale a également évolué au sein même de la famille, notamment dans la famille recomposée.
L’évolution de la famille a fait ainsi évoluer la notion d’Autorité.
Le courant 1968 a fait également évoluer cette notion, puisqu’alors toute Autorité était combattue. L’enfant doit selon ce courant s’autogérer, trouver lui-même les limites. Education très laxiste, sans limites.
Cette théorie a été remise en question plus tard, lorsqu’il a été émis l’idée que l’enfant pouvait souffrir de l’absence de limites justement.
Il est expliqué qu’avant 68, une éducation très stricte pouvait générer des névroses à l’âge adulte et que l’éducation laxiste générait d’autres troubles.
Conclusion : Il faut donc trouver le juste milieu, pour permettre à l’enfant de bien se structurer tout en s’épanouissant.

La notion d’Autorité a encore une connotation négative, impliquant la notion d’un pouvoir tout puissant sur l’autre.
Or ce n’est pas cela, c’est au contraire « s’imposer une discipline à soi et proposer des limites à l’autre ».
Comment ? à quel âge ? : il n’existe pas une seule réponse.
La famille doit faire en fonction de sa personnalité, du vécu de chacun des parents, des choix éducatifs.
Les parents vont se trouver confrontés à des heurts, des désaccords sur ces choix, du fait de leur vécu et expérience personnelle : il faut réussir à faire des compromis pour l’éducation des enfants, pour que l’enfant s’en rende le moins compte, car sinon il saura utiliser cette mésentente à son profit.
L’enfant est même capable d’accepter 2 systèmes de règles, si elles sont imposées par chacun des parents et qu’elles lui sont expliquées.

Quelles limites fixer ? : Dans l’éducation, il faut se demander si les règles qu’on impose à l’enfant vont lui servir plus tard et pourquoi ? : pour l’aider à être indépendant, lui apprendre à se séparer, lui donner toutes les armes pour s’intégrer dans la Société parmi les autres, être aimé des autres (car l’homme est un être biologiquement sociable), intégrer les règles pour rester en bonne santé, protéger la vie, sa santé, respecter les autres, partager les tâches, les règlements, les règles familiales...
Les grandes règles de la vie en Société sont : l’interdit de l’inceste, du vol, des atteintes physiques notamment.

Question de l’enfant qui frappe l’autre ? : c’est un moyen pour lui de rentrer en relations avec l’autre. Dit se rendre compte plus tard de l’interdit et il doit être mis un frein à son agressivité. Jusqu'à l’âge de 3 ans ce n’est pas anormal. L’enfant teste de rapport à l’autre, teste les relations avec l’autre, phase de l’expérimentation. L’enfant testera ces relations en collectivité, avec les autres enfants, desquels il aura aussi des réponses.
Au contraire, le parent ne doit pas être un champ d’expérimentation. Le parent doit au contraire rappeler la règle et poser les interdits.
Souvent avant 3 ans, il suffit de détourner l’attention sur une activité manuelle permise (« la main sert à caresser, à chatouiller... »). Cette réponse génère moins de frustration.
Il est normal que l’enfant cherche toujours les limites. Il faut donc expliquer les conséquences de l’acte interdit. L’enfant ne peut intérioriser les interdits qu’à partir de 6/7 ans.
Au contraire, l’enfant de moins de 3 ans est incapable de se contrôler ; il faut donc maintenir continuellement la surveillance et rappeler incessamment les règles. Ce n’est que vers 7 ans que l’enfant peut se contrôler.
Il peut aussi lui être expliqué que les coups mais aussi les paroles peuvent faire mal.
Il ne faut pas empêcher l’enfant de dire les choses, même si elles sont désagréables. L’enfant fait ainsi sortir son agressivité. Le langage est une soupape de sécurité, question de société.
La société admet un comportement plus agressif chez le garçon et entretien même ce cliché.
L’enfant qui aura trop de choix entretiendra un esprit de contradiction. Un enfant qui dit NON tout le temps confirme qu’il a bien intégré le comportement de l’adulte et est le signe qu’il acquiert sa personnalité. Il ne faut donc pas l’empêcher de dire non mais ne pas céder pour autant. Il est normal que l’enfant souhaite marquer ses désirs et que ceux-ci soient différents de ceux de ses parents. C’est une preuve de maturité.
Le parent ne doit en aucun cas rentrer dans un chantage affectif mais doit maintenir sa position.

Comment réagir à la colère d’un enfant ? Il faut le laisser faire sa colère. « je t’emmène te calmer dans ta chambre. Tu n’auras le droit de sortir que quand tu seras calmé (1 minute par année d’âge environ).
La colère est plus masculine que féminine.
Détourner le sujet en donnant à l’enfant des responsabilités, le faire participer.
La colère est souvent la réaction à une frustration, même avant 1 an, quand l’enfant n’a pas encore acquis la marche et le langage.
La colère ensuite permet à l’enfant d’affirmer sa personnalité, de tester l’autre. il faut y répondre par la parole, en lui expliquant les choses.

Quelles règles : selon l’intervenante, il est inutile de réprimander physiquement l’enfant « ne sert à rien de donner une fessée, qu’à soulager le parent ».
Il faut également éviter de multiplier les interdits, il faut donc par exemple adapter la maison, l’environnement quotidien à l’arrivée de l’enfant.
En effet, l’enfant n’a aucune notion du danger avant l’âge de 3 ans. L’enfant reproduira donc la même bêtise qui aura eu sur lui des conséquences physiques (brûlure, chute...). Certains enfants vont comprendre tout de suite, d’autres non.
Il faut donc quotidiennement le protéger, avec des règles et de la surveillance.
Pour que l’enfant puisse comprendre l’interdit, il faut lui expliquer les conséquences ; il en comprendra alors le sens, ce qui permettra aussi son développement intellectuel et ne sera donc pas perçu comme un abus de pouvoir.
Dans les règles de sécurité est incluse la règle du bien être physique = respect du corps, le sien et celui des autres, importance du sommeil, apprentissage de l’autonomie de son corps (à 3 ans il doit pouvoir se laver tout seul), importance de l’alimentation ...
il faut çà la fois imposer des règles (importance de fixer un rythme et une hygiène de vie) et respecter les besoins de l’enfant (appétit / faim / sommeil).

En ce qui concerne l’alimentation, il faut respecter les demandes de l’enfant qui doit apprendre a connaître la sensation de faim et de satiété. Un enfant que l’on force à manger pourra devenir boulimique ou anorexique. L’enfant ne se laissera pas dépérir. S ‘il mange moins c’est qu’il n’a pas faim (quand il a de la fièvre par exemple). C’est aussi respecter l’autonomie de son corps. Il est donc important de ne pas le forcer en ce qui concerne la quantité et de le laisser gérer son appétit. Souvent quand on ne le force pas cela se passe bien ; l’alimentation ne doit pas être un rapport de force avec lui, un enjeu.
Important d’insister sur le respect du corps et de la santé (manger ses ongles, mordre, griffer...).

En ce qui concerne le sommeil, il est important d’imposer un rythme. Il faut favoriser l’endormissement (rites tels que lecture, bisous ...) et essayer de coucher l’enfant dans l’a ½ heure qui suit la fin de son repas, pour respecter les cycles (lui donner donc son bain avant le repas sinon il repartira pour un autre cycle). Il faut le coucher à heures fixes (sauf exception).
Un rythme lui permet de bénéficier d’une sécurité psychologique et affective.

Les règles de vie ne sont pas négociables ; pour les autres règles, il faut savoir dire oui, adapter sa réponse en fonction du moment, et ne pas tomber dans la rigidité et le conflit.
Importance de donner à l’aîné de la famille des responsabilité différentes et supplémentaires. Il doit avoir un intérêt à être le plus grand, sinon il reportera son agressivité sur le plus jeune, en ayant l’impression de régresser dans les permissions à cause de lui.

Questions des parents :

A la question : « Comment réagir face à un enfant (garçon) violent avec son père ? »
La psychologue répond qu’il faut intervenir très sévèrement. L’enfant peut être dans sa relation oedipienne et vouloir évincer son père pour rester seul avec sa mère. L’interdit doit être confirmé par la mère. Importance aussi de partager les tâches (bain, coucher, repas...) car si elles ne sont exécutées que par la mère, l’enfant y trouve son compte au détriment du père.

A la question : « Doit-on, peut-on taper un enfant pour le réprimander ? »
La psychologue répond que taper ne doit pas être une méthode d’éducation. Plus important d’aller le faire réfléchir dans sa chambre, lieu où il se ressource en dehors de ses parents.

A la question : « quid de la punition de m’être l’enfant au coin ? »
La psychologue répond qu’elle est contre. Le coin renvoie l’enfant à une image uniquement négative de lui-même et l’humilie. Il doit pouvoir exprimer son désaccord.

A la question : « mon enfant semble inquiet de mal faire, comment réagir ? »
La psychologue répond qu’il est important de ne pas hésiter à féliciter un enfant, pour des progrès, parce qu’il arrive à faire quelque chose tout seul, et pas seulement intervenir pour imposer des règles, réprimander ou dire non.

A la question : « j’ai l’impression d’être le gendarme car c’est surtout moi qui m’occupe de notre enfant, alors que mon conjoint joue le rôle de copain».
La psychologue explique qu’il est important de préserver un équilibre entre les deux parents. Il faut que les tâches soient partagées, pour que l’un et l’autre intervienne dans l’éducation de l’enfant et éviter la possessivité d’un seul.

A LIRE …

« Parents efficaces » du Docteur GORDON aux Editions Marabout

« Aimer sans tout permettre » du Docteur DOTSON aux Editions Marabout

«  Comment venir à bout des colères »  aux Editions Marabout

«  Grosse colère » aux Editions L’école des Loisirs